La profondeur de champ

La profondeur de champ est un sujet pour photographes… C’est ce que j’aurais dit il y a dix ans mais avec l’évolution des appareils de prise de vues, il est peut-être temps de faire une mise au point.

La profondeur de champ correspond à la zone de prise de vue dans laquelle doit se trouver le sujet à photographier pour que l’on puisse en obtenir une image que l’œil acceptera comme nette.

C’est cette profondeur de champs qui permet d’avoir le sujet « net » mais l’arrière plan (ou parfois l’avant plan) flou. Cela permet au spectateur de se concentrer sur ce que l’on veut montrer de la scène.

La profondeur de champ correspondant à l’espace de prise de vue où l’image est nette, on parlera de grande profondeur de champs si tout est net et de faible profondeur de champ si seul le sujet visé est net.

La vidéo de Jérôme Pallé est intéressante car il explique assez bien l’intérêt de la profondeur de champ et comment elle fonctionne (et surtout la vidéo n’est pas trop longue et le début vous permettra de bien comprendre).

La question est maintenant de transposer cela au monde de la vidéo… Jérôme Pallé explique qu’il existe 3 critères pour modifier la profondeur de champ: l’ouverture, la distance au sujet (la focale) et la taille du capteur.

La taille du capteur

C’est précisément sur la taille du capteur que j’aimerais revenir. La taille du capteur est l’un des facteurs les plus importants en terme de profondeur de champ. Et quand on est vidéaste, ce facteur n’est pas forcément si « fixe » que ce qu’on l’imagine.

En effet, il faut comprendre que plus le capteur est petit, plus la zone de netteté est grande. Il est donc difficile de faire des mises au point avec un arrière plan flou pour mettre en évidence le sujet.

Et, vous allez le constater dans ce comparatif extrait du site de Luz Photos que des capteurs, il y a en de toutes les tailles.

Les téléphones portables (à priori toute la gamme Apple à partir de l’iPhone5) utilisent des capteurs 1/3″. C’est pourquoi les photos sont nettes de 30 cm à l’infini.

Idem pour les caméras sportives. La GoPro 7 utilise un capteur 1/2.3″. Idem pour l’Osmo Pocket dont je parlerai prochainement. Là encore, les images seront nettes dans leur intégralité.

Si on passe aux camescopes classiques d’entrée de gamme (4K), comme le Sony FDX-AR33 (environ 700 francs), on a aussi un capteur 1/2.3″. Il faut passer au Sony FDX-AX700 (environ 1800 francs) pour avoir un capteur 1″!

Vous l’aurez compris, plus le capteur est petit, plus il est difficile d’obtenir une profondeur de champ limitée donc un arrière plan flou. À moins de réduire considérablement la distance au sujet, à savoir filmer à quelques centimètres du sujet. C’est possible pour une fleur, beaucoup moins pour un animal sauvage!

Le fait que le capteur soit petit est une obligation pour les téléphones et les caméras sportives. De plus, il vaut mieux simplifier le travail du photographe. En revanche, que les camescopes possèdent de petit capteurs m’a toujours déçu. C’est d’ailleurs l’une des raisons essentielles pour laquelle j’ai adopté un appareil photo comme camescope.

Même si les bridges ne sont pas nécessairement « plein format » (c’est-à-dire avec un capteur 24×36), on s’en approche fortement parce que les photographes tiennent à leur profondeur de champ. C’est une option intéressante au niveau du rapport qualité/prix.

La focale

Si votre capteur est assez grand, vous pourrez obtenir une profondeur de champ faible relativement facilement. Pour cela, il faut essayer d’avoir l’objet filmé le plus près de vous. Deux solutions s’offrent à vous: vous vous approchez ou vous zoomez.

En effet, avec un téléphone portable ou une caméra sportive, le zoom est numérique et la profondeur de champ ne sera pas modifiée. Donc, la seule solution est de se rapprocher du sujet. Faire des gros plans à 10 centimètres est d’une facilité déconcertante avec un téléphone et permet d’obtenir facilement un flou à l’arrière. Cela va donc bien fonctionner pour de petits objets dont vous pouvez vous rapprocher.

L’autre solution, c’est le zoom. En effet, la focale (c’est à dire le zoom) que vous allez choisir va vous permettre d’avoir une plus petite profondeur de champ et donc d’avoir un flou à l’arrière. Généralement, les focales à partir de 80mm (équivalent 24×36) donne de bons résultats mais rien n’empêche d’aller au-delà (méfiez-vous alors d’un autre problème: la stabilité).

Le diaphragme

L’autre solution est de fermer le diaphragme (ou l’ouverture). Des ouvertures à f8 vous donneront des profondeurs de champs moins importantes (plus de flou) que des ouvertures à f2,8.

Là encore, il est parfois difficile de maîtriser l’ouverture. En particulier sur des téléphones portables ou des caméras sportives qui effectuent des réglages automatiques. Il faudra donc vérifier les possibilités de votre appareil de prise de vues.

Sachez enfin que ce dernier réglage est sans doute celui qui vous apportera le moins de souplesse. Bien sûr les changements apportés vous permettront de modifier la profondeur de champ mais, par expérience, mieux vaut parier sur un grand capteur et une focale (un zoom) élevée.

Pour aller plus loin…

Pour aller plus loin sur le sujet, vous pouvez consulter l’article que lui consacre le site Apprendre la photographie.

Que le flou soit avec vous…

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