La mire au CCG

Pour un de mes films, je tenais absolument à avoir une qualité irréprochable au niveau du son (pour un documentaire sur la musique des années 60, c’est compréhensible, non ?). Et c’est pour cela que j’ai conçu une mire ou, en anglais, une « Test Card » !

Une « Test Card » ou, en français, une mire est une vidéo de test afin de vérifier, si ce n’est la qualité des appareils, tout au moins, la qualité des réglages. Car, on peut faire des réglages.

La plus connue de toutes les mires est la Philips PM5544 conçue dans les années 60 pour les télévision 4/3 en couleurs (vous savez, les vieux tubes cathodiques), Il en existe une déclinaison pour écran 16/9, la Philips PM5644. C’est celle que j’ai utilisée. On peut trouver sur Internet une image de qualité qui reprend cette mire. Mais, j’ai fait un peu plus…

Cette mire présente plusieurs possibilités :

  • Centrer le projecteur avec une délimitation précise des bords. Aussi bien au niveau de l’écran que du projecteur qui pourrait « rogner » sur l’image. Avec les écrans LCD, ce problème ne se pose généralement pas.
  • Vérifier les déformations : le quadrillage permet de vérifier qu’il n’y a pas de problème d’optique en particulier avec les réglages de trapèze et autres options des vidéos projecteurs. Le cercle permet aussi de vérifier qu’il n’y a pas d’allongement vertical ou horizontal indésirable.
  • Vérifier les couleurs. Les couleurs saturées (aucun rouge ne peut être plus rouge que celui proposé) reprennent les couleurs élémentaires (on mélange les couleurs primaires deux à deux). Ce sont les 6 couleurs que l’on retrouve juste au-dessus du centre de l’image.
  • Vérifier la profondeur des noirs avec la barre de vérification des tonalités de gris. Chaque gris doit être facilement distinguable de son voisin. Dans le cas contraire, il est probable que votre équipement soit mal réglé. De mauvaises conditions de diffusion peuvent également expliquer le problème.
  • Netteté de l’image : on doit pouvoir distinguer les rayures verticales sans aucun souci.

Les contrôles sonores sont également très importants. J’ai ajouté des tests « techniques » avec des signaux sonores diffusés à -6dB. Cela permet un rapide contrôle à l’oreille. Les sons durent 3 secondes chacun. Le fait de prendre une référence à -6dB permet surtout de ne pas exploser les oreilles de ceux qui règlent les appareils.

Les tests sonores basés sur les fréquences (dans l’ordre) :

  • 50 Hz : fréquence très basse mais audible. Elle ne doit pas se faire entendre en dehors du test. S’agissant de la fréquence du courant électrique en Europe, il n’est pas si exceptionnel qu’un son à 50Hz se retrouve dans les haut-parleurs à cause d’un câble mal relié à la masse.
  • 100 Hz : typiquement, un son « loudness ». Votre équipement doit le reproduire sans souci.
  • 440 Hz : le « LA » international (celui du musicien). La voix se trouve dans ces fréquences.
  • 1 kHz : c’est une fréquence très utilisé pour les tests. Il m’a semblé nécessaire de l’y faire figurer. C’est également une fréquence du spectre vocal.
  • 10 kHz : s’il s’agit d’une présentation « en salle » (pas en plein air), votre équipement doit pouvoir vous permettre d’entendre le signal distinctement.
  • 16 kHz : c’est un peu la limite haute. Si vous n’entendez pas cette fréquence, il ne faut pas en être très étonné. Soit votre oreille n’est plus assez sensible (au-delà de 50 ans, les fréquences hautes sont moins perceptibles), soit l’équipement n’est pas « haut de gamme ». Ce test est donc davantage donné pour des tests poussés. À noter également, que les appareils modernes ont des filtres passe-bas qui ne laissent pas passer les fréquences supérieures à 17kHz.

Les tests sur musique normale:

  • Au niveau musical, l’introduction de la chanson « Le twist du canotier » permet de repérer des dynamiques importantes ainsi que la présence de basses et des cuivres bien définis.
  • L’enregistrement d’Elton John avec le Melbourne Symphony Orchestra est de grande qualité. J’ai pris 2 extraits de « The King Must Die ». Au moment où l’orchestre se déchaîne : vos devriez entendre distinctement les instruments et non un simple brouhaha.
  • Ensuite l’annonce de la chanson par Elton : pas d’effet spéciaux, la voix doit être claire et précise (très légèrement rocailleuse). Ainsi que les premières notes de piano qui doivent être aussi claires que de l’eau de roche. Cet enregistrement ne possède ni « reverb » ni echo. Il est très « brut » en termes d’enregistrement.

Les images sont présentées dans leur format d’origine. Je me suis contenté de rogner les bords afin de gérer le positionnement de l’image. Les images sont de qualité 1080p ce qui permet de juger le projecteur en « mode normal ».

  • Le premier sample représente un magnétophone à bandes. Il est important de bien voir le rendu dans le cas de scènes à la limite de la « sur-exposition ».
  • La deuxième séquence permet de vérifier que les couleurs « ne bavent pas » (le rouge déteint sur le vert). Normalement, avec le matériel actuel, vous ne devriez avoir aucun problème.
  • La troisième séquence est davantage portée sur la netteté avec une profondeur de champ limitée. La feuille à gauche est bien nette et les mandibules de l’insecte sont bien visibles et se détachent sans qu’on puisse apercevoir « un nuage JPEG » (une sorte de flou lorsque les différences de luminosité entre deux objets côte à côte est importante).
  • La séquence du véhicule a un défaut : après le passage de la voiture, il y a un pompage (les herbes perdent de leur netteté pendant une seconde ou deux) mais ce défaut ne fait pas partie du test. On remarque surtout de fines poussières noires qui apparaissent dans la fumée après le passage du véhicule. Ainsi qu’une impression de saccade lié au fait que la projection s’effectue à 25im/sec et que l’obturateur de la caméra était sans doute au 1/1000e.
  • La séquence des toupies (les hand spinner) filmées à vitesse rapide (l’image est nette lors d’un arrêt sur image) mais la vitesse est telle qu’on ne devrait pas ressentir l’effet saccade qu’on a remarqué sur la séquence précédente.
  • Enfin, une séquence à basse exposition. Le tourne-disque et tous les objets présents sont bien visibles et tous les détails sont présents.

Les 8 dernières secondes sont consacrés au compteur de type SMTPE qui permet de connaître le moment exact du démarrage du film. Cette partie ne fait pas partie du test de qualité. Elle est davantage réservée au projectionniste afin de caler le film au mieux.

Cette séquence est disponible sur Youtube mais il faut considérer que la version originale est la version « étalon ». C’est celle qui a été utilisé pour finaliser le calibrage de notre matériel après la rencontre de certains membres pour avoir notre matériel au top.

 

 

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