La structure d’un film

La structure d’un film doit raconter une histoire. C’est donc le même exercice qu’une rédaction: il faut une introduction, un développement et une conclusion.

On pourrait croire qu’un film de famille échappe à la règle de la scénarisation. C’est parfois ce que croit les gens qui font des films en collectionnant des images et en les collant les unes aux autres, parfois en utilisant des transitions douteuses offertes par les logiciels de montage actuels.

Un bon film doit rester simple: même les superproductions hollywoodiennes ne font rien d’autre que de mettre des plans les uns après les autres. Ce sont les décors et les effets spéciaux qui impressionnent. Le montage quant à lui est resté « cut », c’est-à-dire qu’on passe d’un plan à un autre sans transition.

En revanche, il existe un point commun à tous les films: ils sont basés sur un scénario. Et donc un film devrait toujours avoir une structure scénaristique. On en revient à nos années d’école avec la rédaction contenant une introduction, un développement et une conclusion.

Les 3 actes

Il faut garder à l’esprit que « faire un film, c’est raconter une histoire ». Ce n’est pas moi qui le dit mais Kodak (qui donne des conseils de tournage aux utilisateurs de sa nouvelle caméra Super-8 numérique).

L’introduction est le 1er acte. En soi, il n’est pas nécessaire de faire long. Parfois une simple phrase d’introduction en voix-off fera l’affaire. Il s’agit de présenter le film aux spectateurs: de quoi va-t-on parler? Comment va-t-on aborder le sujet? En général, il faut être court: une trentaine de secondes devraient suffire à amener le sujet.

Voici quelques idées en vrac:

  • Un plan du panneau indicateur d’une ville que l’on va visiter;
  • Pour un pique-nique, un plan sur le panier que l’on embarque dans la voiture;
  • Pour une manifestation, on peut filmer une affiche de celle-ci avec une petite phrase d’introduction…

Le développement sera la grande partie du film. En général, on ne devrait aborder qu’un seul sujet. C’est pour cela que faire un film de voyage ou de vacances est si difficile: vous allez aborder plusieurs lieux, plusieurs petites histoires. Quelle va être le fil rouge? C’est pourquoi il vaut parfois mieux faire 5 films de 3 minutes qu’un seul film de 15 minutes.

Ainsi, un film sur la cathédrale de Liverpool et un autre sur les Beatles (et ainsi de suite). Cela vous facilitera la tâche. Plutôt que de se retrouver avec un long film moyen, mieux vaut parfois se retrouver avec 2 films même si l’un est inférieur à la qualité de l’autre. De plus, le visionnement sur téléphone mobile a tendance à privilégier des sujets courts.

La conclusion enfin. Sans doute le plus difficile. S’agissant d’un film amateur, il n’est pas nécessaire d’en faire des tonnes. Parfois un des acteurs (pour les films de famille) peut lancer un salut pour dire au revoir. Ainsi le spectateur a compris que le film se termine. Parfois, on peut aussi se contenter du générique de fin.

Le générique de début

Il peut intervenir avant ou après la phrase d’introduction. Afin d’attraper l’intérêt du spectateur au plus tôt, bon nombre de films s’attaquent directement au sujet. C’est la bonne méthode.

Le générique avec le titre du film peut intervenir plus loin dans la narration cinématographique. Parfois, on peut se passer de titre (comme c’est le cas avec mon film Le 5e sceau ou pas mal de vidéos de youtubeurs). Souvent le spectateur connaissant le titre à l’avance, rien n’oblige à commencer par là.

C’est pourquoi il intervient de plus en plus entre l’introduction et le développement du film et sert de transition (relativement facile) entre les deux.

Le développement

Pas la peine de faire une construction thèse, anti-thèse, synthèse! Nous ne sommes pas en train de développer des idées philosophiques. Reste qu’un cheminement logique est préférable à un développement chronologique.

Il y a très peu de cas où l’assemblage des rushes dans l’ordre où ils ont été tournés a un sens. La plupart du temps, sur une journée consacrée à un salon (par exemple), vous allez et venir et repasser sur un même stand. Dans le film, il faut « regrouper » et inventer une histoire.

Rien ne sert de se lancer dans un scénario fantaisiste mais passer d’un stand à l’autre est assez naturel. Si vous incluez en plein milieu un arrêt au bar, vous créez une cassure qui peut apporter un intérêt au film bien qu’intégrer une interview d’un responsable serait sans doute plus intéressant (encore faut-il posséder le matériel d’enregistrement adéquat). Parfois un leitmotiv peut apporter un plus au film. Par exemple, utiliser toujours le même plan de coupe entre chaque stand ou une prise de vue systématiquement en contre-plongée sur un stand avec un cadrage quasiment identique.

Souvent les films sont trop longs. N’hésitez pas à couper. Mieux vaut un film où le spectateur dit: « C’était trop court! » qu’un film où la personne vous dit que votre film était intéressant. Dans le premier cas, la qualité du film a fait qu’il était frustrant de ne pas en voir davantage: c’est un film réussi. Dans l’autre cas, c’est souvent des félicitations plates et polies qui vous indiquent un film ennuyeux.

Il faut également veiller à ne pas compliquer l’histoire racontée. Plus c’est simple, mieux c’est. Non pas que vous vous adressez à des gens stupides mais les spectateurs doivent aussi intégrer en plus du sujet lui-même, le contexte. Et surtout, pensez au fait qu’ils découvrent votre film. Plus le style est conventionnel, voire classique, mieux il sera apprécié. Vouloir jouer la carte de l’originalité, c’est risquer de perdre votre spectateur. Si le film est trop original, vous risquez de provoquer une « surcharge cognitive » à vos spectateurs.

La conclusion

Vous ne sauverez pas un film pas avec la conclusion. Cela dit, ne pas conclure un film, c’est dommage. Les films hollywoodiens se terminent souvent avec un petite musique venue d’on ne sait où et du mot « FIN ». Souvent on suppose qu’ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Vous ne pouvez pas couper votre film abruptement. Il faut ménager la sensibilité du spectateur. Mais si votre développement a fait le tour de la question, un ou deux plans de fin suffiront pour conclure.

Parfois, un commentaire ou une impression personnelle peut conclure un film. C’est surtout vrai sur un documentaire mais donner son avis, c’est souvent fermer la question. De plus, votre avis devrait clairement apparaître au moins de façon subjective durant le développement.

Un exemple illustré

Après la théorie, un exemple. Un film de 4 minutes tourné à Dieppe. La vidéo suivante vous montre comment j’ai créé le film sur la table de montage à partir de 12 minutes de rushes tournés quasiment en continu avec mon téléphone portable.

Cas pratique

À noter que le terme « respiration » utilisé dans le tutoriel signifie que le film n’apporte rien au spectateur mais lui permet de reprendre un peu de souffle lors du visionnage.

Ci-dessous film « POUR QUE L’EAU SALEE N’EST JAMAIS LE GOÛT DES LARMES » qui a servi de support au tutoriel:

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