Comment réussir un film de fiction?

Pourquoi les films de fictions sont si peu nombreux au club? Certainement par crainte du flop mais on peut faire de la fiction en soignant quelques points précis.

J’avais parlé de l’importance du scénario dans un film qui va permettre la création de la structure du film. On appelle cela le langage cinématographique (il reste quelques places ouvertes à notre formation en septembre 2020). Ce langage s’applique aussi bien aux documentaires, aux reportages qu’aux fictions.

La fiction est sans doute l’aboutissement du langage cinématographique. Autant pour tous les films documentaires (reportages, interviews, voyages…), le langage reste sous-jacent et on va capter l’intérêt du spectateur au travers de l’intérêt du sujet (d’où l’intérêt de faire court), autant la fiction demande une sensibilité particulière.

Selon le dictionnaire Larousse, la fiction est « une création de l’imagination ». Cela est un peu restrictif. La définition de Wikipédia est un peu plus large puisqu’elle inclut le fait que la fiction peu relater des faits réels. C’est le cas du roman historique ou des biopics. La fiction est donc souvent un mélange de faits réels et de faits imaginaires. On peut tout imaginer, en fait…

Le budget

Ce qui différencie une fiction filmée dans le cadre d’un club vidéo (ou à titre individuel) et un film qui sort au cinéma, c’est avant tout le budget.

Très souvent, les films professionnels ont un budget conséquent. Pour les tournages amateurs, il arrive très souvent que le budget consacré au film soit limité, et cela est compréhensible… Toutefois, il faut souvent prévoir quelques dépenses soit en achat ou location de matériel. Il faut également investir dans des accessoires (faux pistolets, faux billets de banque).

Ainsi, il faut souvent être très inventif afin de remplacer le manque de moyens. Pour les billets de banques, de la monnaie de singe étrangères (avec des billets de très faible valeurs) peuvent aisément remplacer des billets américains, suisses ou européen. Lorsqu’il s’agit de présenter une valise pleines de billets, si les liasses sont bien faites, seuls les billets du dessus seront visibles et le plus souvent de loin.

Le cinéma ressemble aux tours d’illusionnistes: il faut savoir donner le change. Le matte painting reste, par exemple un excellent procédé qui peut être aujourd’hui remplacé par l’incrustation d’images lors du montage. Idem avec les fonds verts devenus une mode incontournable.

Donc, avant de vous lancer dans une dépense inconsidérée, faire un bout d’essai avec votre idée d’illusionniste et vérifiez qu’elle fonctionne.

Scénario ou storyboard?

Le scénario (et son corollaire le synopsis) est indispensable même pour un petit film. Le fait qu’il soit écrit (peu importe la forme) permet à tout le monde de savoir de quoi on parle.

Parfois, j’aime bien aller jusqu’au storyboard. Cela me permet de me projeter dans les plans et le cadrage. Ainsi j’ai mon film sous la forme d’une bande dessinée. Des plans très simplistes avec des bonhommes en fils de fer, des têtes à Toto et un paysage très approximatif sont suffisants pour donner une vision finale du film, scène par scène.

Le storyboard permet également de deviner les focales à utiliser. Ainsi le film est déjà réalisé et on peut vérifier sa faisabilité technique et découvrir les points à ne pas négliger lors des prises de vues.

Pour les panoramiques (lors des films amateur, on évite les travellings parfois difficiles à réaliser à moins de s’armer de matériel de stabilisation ou de caméras spécifiques), on peut noter une flèche de direction au dessus de l’image volontairement étirée afin d’indiquer le champ complet de prise de vues.

Le son

C’est la partie la plus compliquée et la plus facile à rater. C’est pourquoi des micros adaptés et une perche sont souvent nécessaires. Si la caméra le permet, essayez d’effectuer l’enregistrement du son directement sur celle-ci plutôt que sur un enregistreur indépendant.

Dans tous les cas, travaillez en 48 khz 16 bits non compressé (son PCM) de préférence.

Choisir un micro directionnel pour correctement enregistrer les acteurs devient nécessaire. Dans le registre des micros bon marché, il semble que le t.bone EM9900 soit de bonne facture bien que ne l’ayant jamais utilisé moi-même. La location peut être aussi envisageable.

La musique du film

Comme pour les documentaires, essayez de privilégier une seule musique. Cela est souvent possible car la durée d’un film de fiction excède rarement les 20 minutes dans le cas de films amateurs.

Parfois, la musique peut devenir la pierre angulaire du film comme dans le film « Le Mépris » de Jean-Luc Godard où la musique de Georges Delerue revient en leitmotiv.

On évitera, comme toujours, d’utiliser une musique dont les droits sont réservés. Il sera plus avantageux de plonger dans les musiques proposées en libre de droits, en core plus simplement dans la librairie audio Youtube (qui propose également des effets sonores) qui propose des morceaux de qualité.

Le tournage

Le tournage, c’est la partie stratégique du film. Si tout a bien été préparé, ce sera un rapide et efficace. Le moment du tournage est toujours un moment magique car c’est celui qui fait naître le plus d’échanges. C’est le moment où ce qui était encore qu’un bout de papier devient une aventure humaine. C’est réellement le plus culminant.

Mieux vaut avoir tout préparé avant:

  • des acteurs qui connaissent leurs textes et avec qui ont aura pris le temps de répéter avant (on est pas en présence de professionnels);
  • un repérage précis avec la position préalable de l’équipe;
  • le casse-croute (et cela, c’est presque le plus important!);
  • les autorisations en cas de tournage sur un lieu public.

Plus le tournage aura été préparé à l’avance, mieux se passera celui-ci. Si le tournage a lieu sur plusieurs lieux ou plusieurs jours, veillez au script, au sens strict des raccords (par exemple, veillez à ce que le comédien ne change pas de costume entre deux scènes!).

La chute

Si dans un long métrage, il est tout-à-fait possible de raconter une histoire et que celle-ci se suffise à elle-même, les fictions amateurs, de part leur durée, n’existent que par la « chute »: c’est-à-dire la fin de l’histoire.

En fait, le principal ressort du scénario reste le dénouement. Dans un film court, celui-ci doit être le plus rapide possible. Le terme « la chute » n’est pas un terme anodin. Toute fiction doit incorporer une conclusion qui s’enclenche le plus rapidement possible et doit être inattendue, comme une chute dans le vide. C’est la force de cette conclusion qui va contribuer à la qualité du film.

Pour m’être essayé au film court de fiction, cette chute est très compliquée à obtenir. Généralement, elle doit être humoristique ou cynique. Elle doit être inattendue. Voici un film, sans prétention, destiné à illustrer le propos. La chute dure exactement 6 secondes (de 1:58 à 2:04) et arrive à l’improviste.

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