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C’est quoi un bon film?

Quand je dis cela, je parle de la qualité d’un film tel qu’il est ressenti par les autres. Tout d’abord parce que si l’on fait un film et qu’on le présente au club, c’est certainement pour avoir l’avis de ses pairs. Et là, ça devient compliqué.

Qui peut se permettre de juger le travail d’un autre? Pourtant, le but d’un club, c’est bien de faire progresser ces membres. Cependant, il paraît évident que tous n’ont pas forcément envie de progresser à marche forcée. Peut-être parce que leur but n’est pas de présenter leurs films à un large public.

Un bon film répond à une définition relativement simple: il doit plaire au plus grand nombre. Ainsi, certains films ont du mal à entrer dans ces cases. Et heureusement! D’ailleurs, je l’avoue: j’ai davantage appris des mauvais films que des bons films que j’ai pu voir. Parce qu’il peut être difficile d’imiter le talent mais il est facile d’éviter certains écueils.

Comment juger un film? Comme oser dire il est « bon » ou il est « mauvais ». Le nombre de vues sur nos films proposés sur Youtube est un assez bon indicateur. Certains se démarquent particulièrement et sont plus vus que d’autres. Même si cet indicateur n’est pas parfait et qu’il présente certains biais, il reste tout de même une bon indicateur.

Du coup, ma question: est-ce que les jugements des autres membres du club sont-ils superflus? Non, bien au contraire. Bien entendu, lorsqu’on critique un film, il faut savoir y mettre des formes en tenant compte de la susceptibilité de l’autre, de son niveau. Mais la question de cet article est plutôt de déterminer si toutes les critiques sont acceptables. Je ne crois pas et je vais créer deux groupes de critiques: les « subjectives » et les « objectives ».

Les critiques objectives

Les critiques sont « objectives » quand il s’agit des règles cinématographiques immuables. Il faut reconnaître que la façon de filmer n’a guère changé depuis Eisenstein ou Charlie Chaplin. Cela signifie que la règles des 30 degrés ou le champ/contre-champ restent la base et que savoir les enfreindre signifie avant tout savoir les maîtriser.

Donc critiquer un film en démontrant que ces règles ne sont pas respectées, c’est évidemment une critique objective. Même si le réalisateur a parfois du mal à s’y rallier, le naturel revenant au galop.

Souvent, on a tendance à se défendre par la pire des excuses: on a pas pu mieux faire à cause de phénomènes extérieurs. Trop de vent! La foule était trop compacte! Je ne pouvais pas bouger, j’étais avec un groupe de touristes! Et tant d’autres, souvent les mêmes, que l’on entend à tour de bras. Je comprends la difficulté: tout le monde s’y trouve confronté un jour. La meilleure qualité d’un réalisateur est de reconnaître qu’on a pas été à la hauteur. Car, un film, je le rappelle, c’est avant tout de la préparation. Plus vous êtes préparé, plus vous pouvez faire face.

Donc n’essayez pas d’esquiver. Et pensez à investir dans une bonne gamme de micros (avec moins de 100 francs, vous avez un petit micro avec son porte-griffe), dans un trépied, appelez votre femme à l’aide. Faites-vous aider de votre smartphone. Bref, soyez inventif…

Il est donc primordial d’admettre que ces critiques sont objectives et vous permettront de progresser car toutes ces techniques et ces règles n’ont qu’un seul but: raconter une histoire. Et quelle histoire! Celle que vous voulez transmettre. Votre message. Et puis il y a les critiques personnelles…

Les critiques subjectives

Et lors des débats, ce sont ces critiques-là qui prennent le plus de temps et divisent. Le choix musical revient souvent: parce que les gens n’ont pas les mêmes goûts que vous. Attention: je ne parle pas du mixage qui doit suivre des règles (et donc on est dans la critique objective) mais bien du style.

Certains préfèrent le choix d’une musique locale, d’autres sont plus sensibles au rythme. Et ainsi de suite… C’est pareil pour le sujet : certains ne sont pas sensibles au sujet, et on ne vous pardonnera pas les longueurs. D’autres aiment les longs plans des films d’art et d’essai.

Mais est-on encore dans la critique objective? Non, on aborde le subjectif. Notre propre sensibilité. Je pourrais vous citer d’autres exemples mais je pense que vous avez compris où je voulais en venir.

Le club, c’est avant tout le lieu de la critique. Certains de nos membres ne sont quasiment jamais critiqué, d’autres le sont systématiquement. Il ne faut pas y voir de la méchanceté ni devenir paranoïaque. Le meilleur moyen d’obtenir une « bonne » critique est encore d’obtenir une « relecture » du film par 1 ou 2 membres du club (pas plus!) afin d’avoir un ressenti et de pouvoir modifier le montage avant de le présenter au club. Cela vaut pour tous les films

La relecture est importante car elle permet d’obtenir un premier débriefing et d’avoir une vision extérieure alors que l’on est le nez dans le montage. Autant modifier alors que l’on a le film sous la main, les rushes à disposition.

Le dernier conseil

Dernier conseil (et non des moindres!): coupez! Généralement, je présente la quasi-totalité de mes films mais je prends soin de les tailler à la bonne durée. C’est pourquoi je n’hésite pas à faire des films de 2 ou 3 minutes seulement. Car, comme pour un bon billet de blog, le sujet n’a parfois pas besoin de plus. Coupe, Gérard, coupe encore, il en restera bien assez et plus le film est court et moins il y aura matière à critiquer.

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